Home Blog WRC Saison 2018 Des enseignements pour le futur

Article

retour

Des enseignements pour le futur17.09.2018

article

Une nouvelle fois compétitive, la C3 WRC a hélas vu, à l’instar de ses rivales, sa solidité habituelle être mise à l’épreuve par les agressions répétées d’un terrain particulièrement dévastateur.

LE FILM DE LA COURSE

Ce week-end était celui des premières : première du rallye de Turquie version Marmaris, dans le championnat, première fois également que Craig Breen menait une manche mondiale. Car l’Irlandais était bel et bien le plus rapide en action le vendredi sur les plus de trente-huit kilomètres du chrono d’ouverture. Calme et mesuré dans son approche, il allait ensuite rallier le terme du premier tour au deuxième rang, à seulement 6’’3 du leader, suivi comme son ombre par un Mads Ostberg pointé troisième à 8’’2, et également très bien parti. En témoigne notamment le deuxième temps réalisé dans l’ES 3, à 2’’1 du leader du championnat sur près de vingt-deux kilomètres. Faisant pourtant attention à éviter les obstacles les plus impressionnants, nos deux équipages allaient hélas connaître simultanément les affres de la crevaison l’après-midi venue. Et si Breen rétrogradait en huitième position après en avoir eu deux, Ostberg, alors encore cinquième, voyait l’agressivité du sol être fatale à l’un de ses bras de suspension, tandis que c’est une défaillance de turbo qui stoppait Khalid Al Qassimi. Mais les pistes du samedi se révélaient encore plus dures pour toutes les WRC de nouvelle génération, encore jamais soumises à pareil test d’endurance depuis leur introduction l’an passé, et Citroën Total Abu Dhabi WRT n’échappait malheureusement pas à la règle. Il faut dire que le terrain, ne résistant pas à la puissance des voitures reines de la discipline, laissait très vite apparaître pierres saillantes et autres pavés enchassés. Mads Ostberg s’arrêtait sur une panne de turbo alors que Craig Breen, remonté sixième malgré un ordre de départs défavorable (2e), renonçait après que sa monture ait pris feu. Mais le rallye se concluait sur une note positive le dimanche, avec trois deuxièmes temps consécutifs pour Mads Ostberg tandis que Khalid Al Qassimi assurait quelques points pour le championnat constructeurs.

QUESTIONS À PIERRE BUDAR, DIRECTEUR DE CITROËN RACING

Quel bilan dressez-vous de cette première venue en Turquie pour la C3 WRC ?

Le point assurément positif, c’est que la C3 WRC a une nouvelle fois montré sa pointe de vitesse sur ces secteurs chronométrés aux caractéristiques pourtant inédites. Dès le premier jour de course, Mads et Craig se battaient tous deux pour le podium, le dernier cité allant même jusqu’à signer le scratch dans la plus longue et plus dure spéciale du rallye. Et nous étions également dans le bon tempo le dimanche, signe que la performance est bel et bien là. Nous avons toutefois découvert sur place que la notion d’endurance avait sur cette course une importance bien plus haute que d’habitude, avec des sollicitations particulièrement extrêmes, et une dégradation très rapide de pistes pourtant déjà cassantes à la base, que notre C3 WRC n’avait encore jamais rencontrées. Et dans ce contexte particulier, nous avons été victimes de quelques soucis techniques jusqu’alors inconnus. Il faut dire que le championnat n’avait plus visité un rallye aussi éprouvant pour les mécaniques depuis de très longues années. Mais nous avons engrangé beaucoup d’informations tout au long du week-end, et fort de ces enseignements quant à la nature du terrain, riche aussi du passé de la marque sur des épreuves type Acropole ou Safari au Kenya, nous savons d’ores et déjà comment revenir mieux préparés.

Comment jugez-vous la prestation de votre équipe ?

Je voudrai saluer l’excellent travail réalisé sur le terrain par nos ingénieurs et mécaniciens, qui dès l’issue des reconnaissances, ont pris d’excellentes initiatives pour préserver au maximum l’intégrité de nos voitures dans ces conditions exceptionnelles de roulage. De même, à chaque assistance, ils se sont livrés sans compter pour réviser à chaque fois à neuf les autos dans des temps d’intervention pourtant très contraints. Ils ne se sont jamais contentés d’intervenir sur la C3 WRC à laquelle ils sont attachés, sautant à la voiture suivante dès lors que la leur était terminée. C’est une belle preuve de l’implication de nos éléments, et plus globalement de la cohésion qui anime notre groupe.

TEMPS FORTS

Qui dit nouveau rallye, dit nécessairement toutes nouvelles notes à prendre en seulement deux passages à allure modérée. Avec la plus longue spéciale du rallye (Çetibeli 38,10 km), la plus redoutée également, programmée d’entrée le vendredi matin, on allait vite savoir qui avait bien travaillé en reconnaissances…

Et c’est Craig Breen qui se montrait le plus rapide dans l’exercice, confirmant d’entrée les très bonnes prédispositions de la C3 WRC sur ce terrain, comme autant sa faculté à s’adapter à des pistes inédites. L’Irlandais s’emparait du même coup des commandes d’une épreuve du WRC, pour la toute première fois de sa jeune carrière. La performance est de taille, compte tenu des incessants changements de rythmes, de profils aussi au programme, sur un terrain des plus cassants, obligeant les concurrents à éviter les pierres les plus coupantes, et alors que la visibilité leur jouait également des tours, en raison d’une poussière tenace restant en suspens.

17.09.2018